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L'essor du camping-car en France : ce que cela change pour les gestionnaires d'aires de camping-car

2026-10-19
L'essor du camping-car en France : ce que cela change pour les gestionnaires d'aires de camping-car

L'essor du camping-car en France : ce que cela change pour les gestionnaires d'aires de camping-car

Imaginez un vendredi de juin, sept heures du soir. L'aire de Sophie, vingt emplacements à la sortie d'un village du Périgord, affiche complet depuis trois jours. Le téléphone n'arrête pas de sonner : un couple allemand qui demande s'il reste de la place, des Néerlandais qui veulent savoir si l'on peut payer par carte, des Lyonnais qui ont trouvé l'aire sur une application et voudraient réserver pour le week-end. Sophie regarde le cahier posé sur le comptoir et se dit : « Il y a quelques années, j'avais du mal à remplir dix emplacements en août. Maintenant, je refuse du monde en juin. »

La scène est imaginaire, mais elle ressemble à ce que vivent beaucoup d'aires en France. Derrière, il y a un changement profond dans la façon de voyager de centaines de milliers de personnes. Si vous gérez une aire de camping-car, ou si vous pensez en ouvrir une, comprendre ce qui se passe est la première étape pour ne pas regarder le train passer.

Dans cet article, vous allez voir les vrais chiffres (y compris ceux qui ne font pas les gros titres), d'où vient cette dynamique, qui sont les nouveaux camping-caristes et, surtout, ce que vous pouvez faire pour la transformer en plus de fréquentation, plus de recettes et plus de stabilité pour votre aire.

Le camping-car en France : les chiffres qui comptent

Commençons par les faits, parce que quand on parle de « boom », il est facile de s'emballer. En France, le mot est un peu fort : le marché n'explose pas, il s'est installé à un niveau élevé. Et c'est précisément ce qui le rend intéressant.

La France est le deuxième marché européen du camping-car, derrière l'Allemagne et devant le Royaume-Uni. Selon les chiffres de la European Caravan Federation, voici l'évolution des immatriculations de véhicules neufs :

Immatriculations neuves en France202320242025
Camping-cars23 93626 396 (+10,3 %)26 335 (−0,2 %)
Caravanes7 4487 387 (−0,8 %)7 169 (−3,0 %)
Total véhicules de loisirs31 38433 783 (+7,6 %)33 504 (−0,8 %)

Sources : ECF, bilans 2024 et 2025.

Autrement dit : après une forte hausse en 2024, 2025 a été une année de stabilité, à plus de 26 000 camping-cars neufs. Et 2026 démarre fort : de janvier à avril, 11 268 camping-cars neufs ont été immatriculés en France, contre 9 635 un an plus tôt, soit +16,9 %, alors que l'Europe dans son ensemble progressait de 10 % (ECF, janvier-avril 2026).

Pour un gestionnaire, le point clé est ailleurs : un camping-car dure de nombreuses années. Chaque année, plus de 26 000 véhicules neufs s'ajoutent à ceux qui circulent déjà, sans compter le marché de l'occasion et les véhicules de location. Pas besoin de records de ventes pour que le nombre de camping-cars qui cherchent où dormir continue d'augmenter.

Pas seulement le camping-car : l'hôtellerie de plein air à un niveau record

Cette dynamique s'inscrit dans un contexte touristique très porteur. Selon le dossier de presse 2026 de la FNHPA, qui s'appuie sur les données de l'Insee, l'hôtellerie de plein air a totalisé 147,5 millions de nuitées en 2025, en hausse de 4,5 % par rapport à 2024, un rythme supérieur à celui de l'ensemble des hébergements collectifs de tourisme (+3,1 %). Sur la seule saison d'été (mai-août), les campings ont enregistré 124,9 millions de nuitées, soit +3,2 %.

Mais le chiffre le plus intéressant pour vous est un autre : le retour des emplacements nus. Après un léger recul en 2024, ils ont atteint 52,7 millions de nuitées sur l'été 2025, en hausse de 4,8 %, portés par la clientèle française (+9,4 %). La FNHPA l'explique par la recherche de formules plus souples et moins coûteuses, et précise que « l'attrait pour les séjours en vans et camping-cars contribue également à cette évolution ». En Bretagne, la fréquentation des emplacements nus a progressé de 9,5 %, davantage que celle des emplacements équipés.

Qu'est-ce que cela signifie pour vous ? Que les voyageurs cherchent activement des formules en plein air, simples et flexibles, proches de la nature et des petites destinations. Une aire de camping-car bien gérée n'est pas le parent pauvre du tourisme : c'est exactement ce qu'une part croissante du marché recherche.

Autre élément à ne pas sous-estimer : la clientèle étrangère. Dans les campings, elle a atteint 45,0 millions de nuitées en 2025 (+5,4 %). L'été, les Néerlandais arrivent en tête (12,2 millions de nuitées), devant les Allemands (9,7 millions, +7,3 %) et les Belges (5,1 millions, +7,0 %). Ce sont des pays où la culture du camping-car est très ancrée. Ces voyageurs attendent des standards européens : paiement par carte ou par téléphone, informations en plusieurs langues, réservation en ligne. Celui qui sait offrir ce niveau de service a un vrai avantage.

Qui sont les nouveaux camping-caristes (et pourquoi votre aire doit les intéresser)

Le camping-cariste de 2026 n'est plus seulement le retraité qui part en mai et rentre en septembre. Le profil s'est largement diversifié, et c'est une excellente nouvelle pour qui gère une aire, à condition de savoir s'adapter.

Imaginez la scène : un mercredi d'octobre, un fourgon aménagé blanc entre sur votre aire. En descendent Léa et Thomas, la trentaine, lui développeur, elle graphiste indépendante. Ils ont l'ordinateur dans le sac à dos et leur première question porte sur le code du wifi. Ils resteront trois nuits, travailleront le matin et partiront à vélo l'après-midi. Le week-end suivant arrive une famille avec deux enfants et un chien, dans un profilé tout neuf. Ils veulent savoir s'il y a une aire de jeux et un endroit pour promener le chien. Le soir, ils commandent leur dîner dans un restaurant du village.

Ce ne sont pas des scénarios futuristes : c'est le quotidien des aires les plus modernes. Avec les fourgons aménagés et les vans arrivent aussi beaucoup de voyageurs qui débutent, et qui se présentent avec des questions qu'un camping-cariste chevronné ne se pose plus : comment vidanger, où remplir l'eau, ce que l'on peut sortir dehors ou non.

Pour un gestionnaire, cette diversification a une conséquence très concrète : vous ne pouvez plus raisonner comme si tous vos clients étaient identiques. Le télétravailleur a besoin d'une bonne connexion et de calme. La famille veut des services, de la sécurité et la proximité des sites à visiter. Le camping-cariste étranger veut réserver à l'avance et payer sans espèces. Si vous parlez aux trois, vous avez une aire qui travaille toute l'année.

Ce que font (et ne font pas) les pouvoirs publics

Soyons clairs : contrairement à l'Italie, qui a lancé en 2025 un appel à projets national pour les aires de camping-car, nous n'avons pas identifié en France de grand programme national dédié en 2026. Les initiatives viennent plutôt des communes, des intercommunalités, des départements et des régions, au cas par cas. Si vous êtes une collectivité ou un porteur de projet, interrogez votre région, votre département et votre agence de développement touristique.

Les signaux institutionnels existent pourtant, et ils vont dans le même sens.

Le premier est fiscal. Le code général des collectivités territoriales prévoit une catégorie de taxe de séjour propre aux « emplacements dans des aires de camping-cars et des parcs de stationnement touristiques ». L'aire de camping-car est reconnue comme un hébergement touristique à part entière, pas comme un « parking avec un robinet ». Nous détaillons ce point dans la taxe de séjour en aire de camping-car.

Le second, c'est la pression sur le stationnement libre. Le sujet revient régulièrement au Parlement : en juillet 2025, en réponse à une question écrite d'un sénateur du Finistère, le gouvernement a rappelé que les camping-cars ne peuvent pas être privés du droit de stationner, mais que le maire peut encadrer leur stationnement par arrêté motivé (Sénat, réponse du 17 juillet 2025). La réponse cite plusieurs décisions de la cour administrative d'appel de Nantes, signe que le contentieux est réel, notamment sur le littoral. Plus les communes encadrent le stationnement dans les rues et sur les parkings, plus une aire légale, équipée et facile à réserver prend de la valeur. Nous faisons le point sur ces règles dans la réglementation des aires de camping-car en France.

Le troisième, c'est la structuration du marché. Des réseaux d'aires se sont développés : Camping-Car Park annonce plus de 800 aires et campings accessibles 24 h/24, et le réseau France Passion revendique quelque 2 200 agriculteurs, vignerons et artisans qui accueillent les camping-caristes pour une étape. Pour un gestionnaire indépendant, cela veut dire deux choses : la clientèle est habituée à réserver et à entrer sans personnel, et votre aire doit être au moins aussi simple à utiliser.

Pour qui gère déjà une aire, le message est double. De nouvelles aires vont ouvrir, et avec elles plus de concurrence. Mais aussi plus de visibilité pour le secteur et plus de camping-caristes habitués à payer pour un bon service. La vraie question n'est pas « la concurrence va-t-elle arriver ? », mais « mon aire sera-t-elle à la hauteur de ce qu'attendent les nouveaux camping-caristes ? ».

Ce que dépensent les campeurs (et où va cet argent)

Un préjugé a la vie dure : les camping-caristes seraient des touristes qui ne dépensent rien sur place. Nous n'avons pas trouvé d'étude officielle récente propre aux camping-caristes en France, mais les chiffres de l'hôtellerie de plein air donnent un ordre de grandeur. Selon l'étude Asterès réalisée pour la FNHPA, les dépenses des campeurs hors du camping représentent 9,8 milliards d'euros par an, principalement en transport, restauration et alimentation, et l'empreinte totale du camping en France est estimée à 31 milliards d'euros et 196 000 emplois en 2025 (FNHPA). On ne parle pas de l'emplacement, mais de tout ce qui se dépense autour.

Faisons un calcul simple, avec des chiffres hypothétiques. Une aire de 20 emplacements occupée en moyenne à 60 % pendant les six meilleurs mois vend environ 2 160 nuits. À 12 € la nuit, la recette directe tourne autour de 25 900 €. Pas mal, mais ce n'est que la partie visible : pendant leur séjour, ces mêmes camping-caristes font leurs courses, vont au restaurant, visitent, achètent des produits locaux. C'est l'argument qui convainc les mairies d'investir : ce n'est pas le parking qui crée de la richesse, c'est le camping-cariste qui sort de son véhicule et vit le territoire.

Pour un gestionnaire, cela veut dire une chose : votre valeur ne tient pas seulement à l'emplacement. Elle tient à votre capacité à relier le camping-cariste au territoire. Partenariats avec les restaurants, cartes des randonnées, agenda des marchés et des fêtes, location de vélos : chaque service qui facilite la dépense locale rend votre aire plus attractive et, indirectement, plus rentable. Si vous envisagez d'en ouvrir une, vous trouverez des scénarios détaillés dans la rentabilité d'une aire de camping-car en 2026.

La désaisonnalisation : une opportunité à construire

Pendant des années, gérer une aire voulait dire travailler de Pâques à septembre et fermer le reste de l'année. Soyons honnêtes : en France, l'été domine encore très largement. Sur les 147,5 millions de nuitées de l'hôtellerie de plein air en 2025, 124,9 millions se concentrent sur la période mai-août.

Mais les lignes bougent. La FNHPA note un rééquilibrage au profit des territoires ruraux et des massifs de montagne, et pour 2026, à fin mars, une avant-saison dynamique, portée notamment par les longs week-ends de mai. Et trois facteurs jouent en faveur de l'arrière-saison. D'abord, les nouveaux profils (télétravailleurs, sportifs, couples sans enfants, retraités) ne dépendent pas du calendrier scolaire et préfèrent souvent les périodes plus calmes. Ensuite, les camping-cars et fourgons actuels sont utilisables toute l'année, avec un bon chauffage et une bonne isolation. Enfin, beaucoup de destinations françaises fonctionnent hors saison par nature : vignobles pendant les vendanges, stations thermales, villes d'art, marchés de Noël, montagne l'hiver.

Prenons un cas hypothétique : une aire proche d'une station thermale, qui fermait en octobre, décide de rester ouverte avec un tarif réduit de 30 % et un partenariat avec les thermes pour offrir une remise à ses clients. Avec 25 % d'occupation de novembre à mars, elle ne fera pas fortune, mais elle couvre ses coûts fixes, dégage un peu de marge et fidélise des clients qui reviennent l'été.

Désaisonnaliser ne veut pas dire espérer le complet en février. Cela veut dire réduire le nombre de mois sans recettes, donner des raisons de venir hors saison et construire une base de clients fidèles qui passent plusieurs fois par an. Avec la réservation et le paiement en ligne 24 h/24 et l'accès automatique par QR code, comme ceux que propose CamperGate, rester ouvert l'hiver ne vous oblige pas à être à l'entrée.

Cinq actions concrètes pour profiter de la croissance (sans être débordé)

Les chiffres sont de votre côté. Mais les chiffres, à eux seuls, ne remplissent pas les emplacements. Voici cinq choses à faire pour transformer la croissance du marché en croissance de votre aire.

La première est de rendre votre aire réservable et payable en ligne. Un camping-cariste néerlandais ou allemand ne vous téléphonera pas : il cherchera votre aire sur une application, voudra voir les photos, les services et les tarifs, et réserver en trente secondes. Si votre aire n'apparaît nulle part, pour lui, elle n'existe pas. Et si elle apparaît sans réservation directe, vous laissez de la marge aux intermédiaires.

La deuxième est de soigner la borne de vidange et les services. Cela paraît évident, mais la borne est votre carte de visite. Une plateforme propre, une eau potable toujours disponible, des prises qui fonctionnent : ces détails font les bons avis, et les bons avis font les réservations. Une borne négligée est le moyen le plus rapide d'accumuler des commentaires négatifs qui vous suivront pendant des années. Pour savoir combien coûte un bon équipement, consultez les coûts d'infrastructure d'une aire de camping-car.

La troisième est de créer des liens avec le territoire. Parlez aux restaurants, aux guides, aux producteurs locaux, à l'office de tourisme. Proposez à vos clients une carte soignée des alentours, pas le dépliant générique. Chaque euro dépensé grâce à votre conseil renforce le lien entre votre aire et l'économie locale, et ce lien est votre meilleure assurance face à ceux qui ne voient en vous qu'« un parking ».

La quatrième est de penser à la basse saison dès maintenant. N'attendez pas septembre pour vous demander quoi faire l'hiver. Prévoyez des tarifs différenciés, des offres pour l'arrière-saison et des partenariats avec des activités qui fonctionnent hors saison (thermes, domaines viticoles, sites culturels). Ajouter seulement deux mois d'ouverture par an peut changer sensiblement votre bilan.

La cinquième, peut-être la plus importante, est d'automatiser tout ce qui peut l'être. Le check-in manuel, les espèces, le cahier des arrivées, les fiches de police remplies à la main pour chaque client étranger, les messages envoyés un par un : tout cela vous prend du temps et vous expose aux erreurs. Rappelez-vous qu'en France chaque client étranger doit remplir une fiche individuelle de police à son arrivée ; nous l'expliquons dans la fiche de police en aire de camping-car. Avec plus de 26 000 camping-cars neufs par an et une clientèle étrangère en hausse, la question n'est pas de savoir si vous aurez plus de travail, mais comment vous allez le gérer. Un système qui automatise les accès, les paiements et les formalités n'est pas un luxe : c'est ce qui sépare une aire qui grandit d'une aire qui étouffe sous son propre succès.

Le train passe : vous montez ?

L'essor du camping-car en France n'est pas une bulle. Les ventes de véhicules neufs se sont stabilisées à un niveau élevé et repartent en 2026, l'hôtellerie de plein air bat ses records, les emplacements nus reviennent grâce aux vans et aux camping-cars, et la clientèle étrangère progresse. Ce sont les pièces d'un même puzzle.

Pour qui gère une aire de camping-car, c'est un bon moment pour investir, s'améliorer et grandir. Mais croissance et opportunité apportent aussi plus de concurrence, plus de règles et des clients plus exigeants. L'aire qui pouvait se contenter du cahier papier et du paiement en espèces il y a quelques années risque aujourd'hui de rester à la traîne.

La bonne nouvelle, c'est qu'il n'est pas nécessaire de tout changer d'un coup. Il faut une idée claire de l'endroit où vous voulez aller et les bons outils pour y arriver. Les chiffres vous disent que la demande existe. À vous de décider de la saisir. Et si vous partez de zéro, notre guide pour créer une aire de camping-car vous donne la marche à suivre.


Comment CamperGate vous aide

Plus de camping-cars sur les routes, c'est plus de réservations, plus de paiements et plus de formalités. CamperGate prend en charge les tâches répétitives pour que la demande devienne des recettes sans multiplier votre travail.

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✅ Check-in digital : données et photo du document saisies par le client sur son smartphone, prêtes pour la fiche de police des clients étrangers
✅ Tableau de bord en temps réel : présences, encaissements et statistiques d'une année sur l'autre, exportables

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